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Robert le diable
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- kar
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Contenu du fichier @KMIDI KARAOKE FILE@LFREN@TJean Ferrat - Robert le Diable@Tmidi réalisé dans le cadre privé comme support de chant.@TNelson J © 2006 - interdit à la vente.@Thttp://envladukar.free.fr
Tu portais dans ta voix
comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang
jeune homme singulier
Scandant la cruauté
de tes vers réguliers
Le rire des bouchers
t'escortait dans les Halles
Tu avais en ces jours
ces accents de gageure
Que j'entends retentir
à travers les années
Poète de vingt ans
d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà
le blasphème et l'injure
Je pense à toi Desnos
qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant
tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout
ta propre prophétie
Là-bas où le destin
de notre siècle saigne
Debout sous un porche
avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps
près de Saint-Merry
Dévisageant le monde
avec effronterie
De ton regard pareil
à celui d'Amphitrite
Énorme et palpitant
d'une pâle buée
Et le sol à ton pied
comme au sein nu l'écume
Se couvre de mégots
de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie
et des prostituées
Je pense à toi Desnos
qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant
tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout
ta propre prophétie
Là-bas où le destin
de notre siècle saigne
Et c'est encore toi
sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs
et des songes brisés
Sous les arbres obscurs
dans les Champs-Élysées
Jusqu'à l'épuisement
de la nuit ton domaine
O la Gare de l'Est
et le premier croissant
Le café noir qu'on prend
près du percolateur
Les journaux frais
les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro
qui captent les passants
Je pense à toi Desnos
qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant
tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout
ta propre prophétie
Là-bas où le destin
de notre siècle saigne
La ville un peu partout
garde de ton passage
Une ombre de couleur
à ses frontons salis
Et quand le jour se lève
au Sacré-Cœur pâli
Quand sur le Panthéon
comme un équarissage
Le crépuscule met
ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups
dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois
roule avec les oranges
Quand la lune s'assied
de clocher en clocher
Je pense à toi Desnos
qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant
tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout
ta propre prophétie
Là-bas où le destin
de notre siècle saigne
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